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3 - Bien identifier sa cibleN'envoyez jamais votre manuscrit au pif, en piochant au hasard dans une liste d'éditeur où en ne privilégiant que les grandes maisons, type Gallimard, le Seuil, Grasset, Albin Michel, etc. Les éditeurs ont chacun leurs préférences, leurs obsessions, leurs thèmes de prédilection, leurs spécialités, bref, ce qu’on appelle leur ligne éditoriale, et ils n'accepteront qu'exceptionnellement un manuscrit qui n'entre pas dans ce cadre. Identifiez précisément la
famille, le genre, le groupe, le sous-groupe, voire l’espèce auxquels
votre livre appartient. Est-ce un essai, un
document, un livre pratique, un témoignage, un roman ? Si
c’est un essai par exemple, ou un récit, un livre racontant une
histoire vécue, à quelle catégorie appartient-il ? Politique,
histoire, philosophie, société, science, aventure, voyage ? Si
c’est un « livre jeunesse », définir la tranche d’âge
à laquelle il s’adresse. Tous les éditeurs n’acceptent pas les livres
destinés aux enfants de 3 ans ! Tous ne sont pas non plus preneurs
d’ouvrages type Albert
Einstein expliqué
à ma fille, ou Ton ami s’est suicidé :
que faire ?. Respectez le niveau d’exigence
des éditeurs. Un roman d'amour à l'eau de rose entre une acrobate et un
riche héritier, qui finit par "ils se marièrent et eurent
beaucoup d'enfants", n'aura aucune
chance au Seuil, chez P.O.L ou aux Editions de Minuit, mais trouvera
peut-être sa place chez XO. La saga d'une famille de paysans ardéchois
du 17ème siècle, bien ancrée dans le terroir, ne passera peut-être pas
chez Gallimard alors qu'elle sera lue avec intérêt au Rocher, aux
Presses de la Cité ou chez France Empire. Prenez votre temps pour cibler les éditeurs susceptibles d'être intéressés par votre production, fouillez longuement dans les rayonnages des librairies, discutez si vous en avez l'occasion avec un libraire. Ce sont les plus à même de vous aider à définir la case dans laquelle votre livre sera rangé. Regardez dans quelles maisons, sous quelle jaquette, dans quelles collections les auteurs dont vous vous estimez le plus proche publient. Si vous avez déja plusieurs maisons en tête, consultez leurs catalogues, scrutez leurs collections, vérifiez que ce que vous faites entre bien dans le cadre de ce qu'elles publient. Allez faire
un tour sur internet, la
plupart des éditeurs s'y sont enfin mis et leurs catalogues sont
disponibles en ligne. Vérifiez qu’ils acceptent bien les manuscrits
envoyés par la poste : certains, comme Michel Lafon, n’en
veulent pas. Les livres difficiles à caser
seront les livres dits "transgenres", c’est à dire qui mélangent les
genres – fiction et vulgarisation scientifique par exemple –, les
romans expérimentaux sur lesquels il est impossible de coller une
quelconque étiquette, les livres-objets qui ne racontent pas une "vraie" histoire, les livres à lire par les deux
bouts (Ô Révolutions de
Mark Z.Danielewski ) où en suivant un ordre qui n’est pas celui des
pages (le génial Marelle,
du grand Julio Cortazar). Si votre livre entre dans cette catégorie, un
bon conseil : laissez tomber les gros éditeurs généralistes,
les classiques qui ratissent large. Il leur arrive de temps en temps
de publier un ovni de ce genre, mais sous condition : c’est
soit une traduction qui s’est bien vendue en version originale, soit
une fantaisie signée d’un grand nom. Il existe des éditeurs ouverts,
curieux et prêts à prendre des risques avec des ouvrages difficiles ou
inclassables. Ce sont en général de petites et moyennes maisons, telles
l’Olivier, Liana Levi, Viviane Hamy, ou encore le très rock’n roll
Diable Vauvert. Attention, ces éditeurs sont très exigeants, ils
publient peu mais bien, et avant de leur envoyer votre manuscrit
vérifiez qu’il est à la hauteur de ce qu’ils ont déjà en magasin. Panachez entre petits, moyens et gros éditeurs. Ne snobez pas les éditeurs régionaux, beaucoup ont un réel amour du livre et leur enthousiasme peut transcender les frontières locales. Sachez que ce qui marche le mieux en France, ce sont justement les romans régionaux, enracinés dans un terroir, un pays, et publiés chez des éditeurs locaux. Discrets, leurs ventes atteignent parfois plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Claude Signol, auteur régionaliste s’il en est, est l'un des plus gros pourvoyeur de best-sellers en France. Sommaire/ Page 1 Lire la suite |