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 Conseils et astuces d’écriture

1 - Etablir une hiérarchie entre les évènements.  Dans chacun des chapitres traités essayez, dans la mesure du possible, de toujours favoriser une histoire, un aspect particulier de votre vie sur les autres.

Exemple de Claude : Dans la seconde partie de son autobiographie, Claude a deux chapitres, l’un qui couvre ses trois premières années d’études et l’autre la dernière.

Deuxième partie : La vie de Claude pendant ses quatre années d’études

Chapitre 1 : Les trois premières années, jusqu’à la rencontre avec son fiancé
Chapitre 2 : La dernière année : fiançailles et décès du fiancé

Voila comment elle doit les traiter :

Chapitre 1 : Claude parlera essentiellement de ses études, de ses compagnes et compagnons de l'époque, de l’enseignement, de ses difficultés, etc.
Chapitre 2 : Claude se focalisera sur son fiancé et leur tragique histoire d’amour, en laissant de coté les études. Elle n’y reviendra qu’à la fin, pour raconter brièvement leur achèvement.

Exemple de Ghislaine : La seconde partie de l’autobiographie de Ghislaine comporte trois chapitres qui couvrent la période qu’elle a passé à l’usine.

Deuxième partie : La vie de Ghislaine à l’usine jusqu’à son mariage

Chapitre 1 : La vie de Ghislaine, ouvrière, à l’usine.
Chapitre 2 : La vie de Ghislaine entre le moment où elle a adhéré à un syndicat et celui où elle a rencontré son mari
Chapitre 3 : La vie de Ghislaine entre le moment où elle a rencontré son mari et celui où elle a définitivement quitté le monde du travail.

Traitement proposé :

Chapitre 1 : Le consacrer à sa vie d’ouvrière, à sa découverte du monde de l’usine et de sa dureté.
Chapitre 2 : Le consacrer à l’histoire de Ghislaine syndicaliste, à sa prise de conscience, à ses batailles, à la grande grève qui a marqué sa vie.
Chapitre 3 : Le consacrer à son futur mari et à son histoire d’amour, sans revenir sur sa vie d’ouvrière et de syndicaliste.

2 - Eviter de démarrer un épisode important de sa vie au beau milieu d’un chapitre pour le finir au milieu du chapitre suivant. 
Lorsque le problème se pose, il faut appliquer la technique du retour en arrière.

Exemple de Ghislaine :

Les chapitres 2 et 3 de la deuxième partie de l’autobiographie de Ghislaine se chevauchent légèrement dans le temps : Ghislaine a rencontré son mari, le sujet principal de son troisième chapitre, durant la grève, sujet principal de son second chapitre. Son histoire amoureuse démarre au beau milieu de son histoire militante. Que faire ? Finir le chapitre 2 sur la rencontre avec son futur époux ? Mauvaise solution : l’épisode important de la grève resterait en suspens, et elle sera obligée de revenir dessus au chapitre 3. En ce cas, il faut appliquer la technique du retour en arrière.

- Ghislaine va achever le récit de la grève dans le chapitre 2, celui consacré à sa vie militante. Elle mentionnera au passage qu’elle y a rencontré son mari, mais sans donner de détails.

- Au début du chapitre 3, Ghislaine opérera un retour en arrière, elle reviendra au moment où elle a eu le coup de foudre et reprendra le fil chronologique de son histoire, mais ne parlera que de son amour, en laissant tomber la grève, déjà traitée.

3 - Refermer les histoires secondaires dans le chapitre où elles ont été ouvertes.
Exemple : Dans un chapitre consacré à l’école, vous vous attardez longuement sur vos deux meilleurs amis de l’époque, P** et D**. Malheureusement, vous les avez perdus de vue à la fin de votre scolarité, et ils disparaissent de votre vie - et donc de votre autographie - pendant des années et des années. Quarante ans plus tard, vous les retrouvez grâce au site Copains d’avant, et décidez de les revoir. Les retrouvailles sont chaleureuses, c’est comme si toutes ces années s’étaient effacées d’un coup, et vous retrouvez votre vieille amitié. Cet évènement est important pour vous et vous le racontez en détail dans votre autobiographie. Ce qui pose un léger problème… En effet, entre le moment où P** et D** ont disparu de votre récit et celui où ils sont réapparus, il s’est écoulé quarante années, au cours desquelles il s’est passé beaucoup de choses. Il y a de fortes chances pour que vos lecteurs aient totalement oublié P** et D**  au moment où vous en reparlez !
Pour éviter ces résurgences sporadiques du passé, il est recommandé de régler définitivement le compte de vos copains d’enfance dans le chapitre où vous parlez d’eux.  

Exemple :

Chapitre X : Ma vie à l’école
« (..) P** et D** étaient mes deux meilleurs amis à l’école, nous étions inséparables - suit un passage avec la description des rapports avec P** et D**, des jeux, des souvenirs. Je les ai perdus de vue lorsque je suis allé au lycée, mais je les ai retrouvés quarante ans plus tard, en 19**, grâce au site Copains d’avant. Nous avons correspondu et convenu de nous revoir - ici, suit un passage avec la description des retrouvailles et des nouvelles de P** et D**. Après un simple retour à la ligne, reprenez ensuite le fil de votre récit, consacré à la vie à l’école ».
P** et D** n’apparaitront plus dans votre autobiographie, et pourtant tout le monde saura ce qui est advenu d’eux et de votre relation.
Cette astuce  - boucler une histoire au moment où elle démarre - est très utile pour traiter les relations épisodiques, liquider des amourettes ou des amitiés lâches, régler une bonne fois pour toute le sort des parents, des frères et des sœurs, rendre hommage aux personnes croisées à plusieurs reprise dans sa vie, etc.

4 - Personnaliser son autobiographie
Si vous vous limitez aux faits, et rien qu’aux faits, votre autobiographie sera aride, peu plaisante à lire, et n’apportera pas grand-chose à ceux à qui elle est destinée. Voici quelques solutions pour la rendre plus plaisante et personnelle :

Camper le décor 
Décrivez les lieux où vous avez vécu - école, village, ville, usine, bureaux, etc. C’est très important, surtout s’ils ont disparu depuis ou ont tellement changé qu’ils sont désormais méconnaissables. N’hésitez pas à joindre des photos si vous en avez, c’est ce qui permet de conserver une mémoire.

Donner de l’information 
Décrivez, parlez, expliquez tout ce que vous avez connu et qui, aujourd’hui, a disparu ou risque de l’être : métiers, savoir-faire, techniques, habillement, coutumes, folklore, etc. Faites revivre le monde dans lequel vous avez vécu, la cuisine de votre mère ou de votre grand-mère, les usages à la maison et en société, les ateliers, les travailleurs, le casse-croûte, l’environnement, les rapports humains, etc.

Donner ses impressions. 
Mettez un peu de vous dans votre autobiographie en livrant de temps en temps les pensées que vous avez eu à tel ou tel moment, vos sentiments, vos émotions. Parlez du coucher de soleil qui vous a ému aux larmes, de votre saisissement lorsque vous avez vu pour la première fois la mer, de votre bonheur le jour de votre mariage, des sentiments que vous aviez pour la petite fille en bleu à l’école...
 

Livrer des anecdotes. 
Elles en disent souvent plus sur le monde et les gens qui nous entourent que mille descriptions…

Soigner ses portraits. 
Un nom, une date ou un métier ne diront rien sur les gens que vous avez rencontrés et qui vous ont entourés. Décrivez-les, donnez les traits les plus saillants de leur personnalité, livrez les sentiments qu’ils vous ont inspirés, rendez-leur hommage, avouez à quel point vous les avez aimés ou détestés…
 

Soigner ses titres. 
Essayez de trouver des titres accrocheurs à vos chapitres et à vos différentes parties, cela donnera envie de vous lire.  

Ne pas se rendre antipathique. 
Evitez les leçons de morale et les jugements de valeur, du genre « Ah, de mon temps, on était plus poli ». Ne vous posez pas en patriarche ou en matriarche suffisant, sentencieux, détenteur de la vérité et du savoir. Sachez être franc et authentique tout en restant simple. Evitez de régler vos comptes avec vos proches, ne dévoilez pas un secret si celui-ci risque de faire beaucoup de mal, ne blessez pas ceux qui vont vous lire, prenez quelques précautions si ce que vous avez à dire risque de choquer.



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