Didier Pourquié

Né en 1965 à Bazas en Gironde, agrégé de lettres, professeur à la réputation bien établie au prestigieux lycée Gustave Eiffel à Bordeaux, Didier
Pourquié a deux grands enfants, une femme aimée et aimante, une résidence secondaire et une grosse voiture allemande. Il aurait pu devenir gras et ennuyeux, il a la grâce d'un farfadet roux et gringalet, d'une insatiable curiosité, bavard comme une pie et d'une franchise déconcertante. Il raffole du
jazz, entasse les BD dans ses toilettes, adore se la jouer Johnny sur
sa 125 customisée et hurle de rire à chaque fois qu'il relit Trois hommes dans un bateau
de Jerome K. Jerome. Il n'est jamais là où on l'attend, suprenant,
presque décourageant tant on aimerait parfois pouvoir l'attraper et le
coller dans une case bien définie. Lui qui manie la langue comme
personne n'a qu'une hantise : se répéter, creuser sans relâche le
même sillon, labourer indéfiniment le même champ imaginaire,
stylistique, sémantique, syntaxique et on en passe. Son œuvre est à
son image, elle rayonne dans toutes les directions, ne s'impose aucun
interdit, explore tous les genres, le roman psychologique comme le
thriller, le fantastique, le burlesque. Avec, toujours, ce souci
presque maniaque de la langue, ce goût de la phrase belle, polie,
brillante, cet amour absolu de la littérature. Voir Cahier d'écriture |
Vient de paraître Les couilles de Dieu, ed. l'Arbre Vengeur, 2010 Floran
Novolo est reprographe et hypocondriaque. Son frère Samuel
s'explose régulièrement contre les murs de leur logement parce qu'il
veut devenir passe-muraille. Samuel aime aussi téter les gros orteils
des inspecteurs endormis, et perd le sien juste avant de sauter par la
fenêtre et de disparaître dans un gros trou qui traverse la Terre. Floran Novolo part à sa recherche avec Karl Katz qui ne
se sépare jamais de sa pompe à vélo. Floran Novolo est amoureux de la
mère Joris et se demande ce que peut bien être cet "œuf du bout du
monde" qu'elle lui a réclamé. Floran Novolo et Karl Katz embarquent sur un lessivier
- comme on dit un pétrolier - où ils jouent leurs membres aux
osselets et écoutent des marins faire des phrases. Floran
Novolo a des théories sur tout, construit une cosmogonie, et
devient le plus grand intellectuel du Benongo. Floran Novolo échoue en
Polynésie, trouve un air de famille à l'immortel Tiki et dîne aux
chandelles dans la jungle. Floran Novolo... Non, la fin ne se dit pas. Les couilles de Dieu
est un festival de scènes et de dialogues irrésistibles, où
le burlesque rivalise avec l'absurde, la trivialité côtoie la plus
haute érudition, la farce voisine avec l'essai philosophique, la
naïveté avec la critique la plus savante. On rit, on sourit, on ouvre
des yeux ronds, incrédules,
emportés dans un tourbillon d'imagination débridée, sans
temps mort. Le tout servi dans une langue étincelante, riche, qui jamais ne sombre dans sa propre parodie.
Ficelles, ed.Confluences 2005. Ficelles,
écrit en caméra subjective, impose la voix
blanche,
atone, dépourvue de toute espèce d’émotion
d’un inconnu sans identité, sans
visage qui, de rencontres en divagations, d'interrogations en meurtres,
nous entraine
dans une quête dont il est bien le seul à détenir les clés.
Remarquablement
écrit, ce roman réussit le tour de force de nous montrer le monde tel
qu’un parfait étranger le voit, sans jamais nous ouvrir les fenêtres de
son esprit.
 Le Jardin d’Ébène, ed.Confluences 2007Le Jardin
d’Ébène, son second roman, est un thriller aux limites du fantastique, porté
par la grâce d’une fragile et extra-lucide petite Hélène luttant contre le
monde égoïste, violent, des adultes, incarné dans une impressionnante brochette
de personnages - l’infâme Estévez et ses deux monstrueux pitbulls, les deux
responsables de l’Institut où est enfermée la fillette… Un souffle puissant balaie
ce roman de bout en bout : celui du Grand Froid, psychopathe qui frise la perfection
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