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Comment donner vie à son personnage ?2 - Description et action Il n'existe pas trente-six manières d’introduire et de présenter ses personnages au lecteur : soit l'auteur passe par la description, soit par l’action. I - La description, ou comment le direC’est la méthode la plus simple et la plus directe. Prenons deux exemples :1 - Maria était une petite femme ronde entre deux âges, ni belle
ni laide, quelconque.
2 - Marcel était un grand et gros gaillard blond aux joues roses, aux yeux bleus et globuleux. Ce type de description se limite aux faits et aux états simples - « Son physique était comme ceci et cela, son aspect évoquait ceci et cela, il s’habillait comme ci et comme ça, avait ceci ou cela comme métier, était marié ou pas, il habitait ici et là, etc. » Elle permet à l'auteur de nous livrer quelques informations sur les personnages de Maria et Marcel, mais cela ne suffit pas toujours. En effet, qu’est ce qui distingue Maria des autres petites femmes insignifiantes ? Marcel des autres gros types blonds et roses ? Quels sont les traits, les particularités, les spécificités qui font que Maria et Marcel ont été choisis parmi tous les autres ? Pourquoi le lecteur devrait-il s’y intéresser ? Le créateur de Maria et Marcel y a pensé, bien sûr, et les a dotés de certains attributs. Ainsi, Maria est une femme que l’on peut qualifier de « bonne » et « compatissante ». Marcel est un bon gars, doux, naïf, gentil. Comment faire passer cela dans une description ? Une première solution consiste tout simplement à le dire : 1 - Maria était une petite femme ronde entre deux âges, ni belle ni laide, quelconque. Elle était bonne et compatissante. 2 - Marcel était un grand et gros gaillard blond aux joues roses, aux yeux bleus et globuleux. Naïf, gentil et pur. Voila, c’est dit. En quelques adjectifs, l’auteur a livré l’essentiel de Maria et Marcel, leurs principaux traits de caractères. Nous savons tout, ou presque. Nous devrions être satisfaits, et pourtant cela ne fonctionne pas... Imaginez deux amis, Bébert et Martin, en train de discuter dans un café. Un nom surgit soudain dans la conversation – Philippe - et Bébert lance alors : « Ah ! Je le connais bien, lui ! C’est un salaud ! » Réaction immédiate de Martin qui ne connaît pas bien le Philippe en question : « Ah bon ? Un salaud ? Mais pourquoi dis-tu ça ? » Le lecteur est dans la même position que Martin. Il ne connaît ni Marcel ni Maria. Lorsque l’auteur lui affirme qu’ils sont bons, compatissants, naïfs et purs, sa réaction est identique : « Ah bon ? Mais comment ça ? Pourquoi est-ce qu’il dit ça ? » Coller des étiquettes sur le front de ses personnages, se contenter de dire : « Voila, il est comme ci et comme ça », est un véritable affront à l’intelligence du lecteur. Non seulement l’auteur lui dénie le droit de se faire par lui-même une idée du personnage, mais il lui interdit d’éprouver quoique ce soit envers lui. On ne trouve pas quelqu’un sympathique ou antipathique simplement parce qu’on nous a dit qu’il était gentil ou méchant. C’est à nous et à nous seuls d’en juger, et c’est à l’auteur de nous donner tous les éléments qui nous permettront de le faire. La description atteint là ses limites. Elle ne peut pas tout nous dire d’un personnage et a intérêt à se cantonner aux faits, au concret, au visible. Un matériau qui n’a à-priori rien de bien subtil ni d’intéressant, mais qui peut se transformer en vraie petite bombe entre des mains expertes. II - L'art de la suggestionPar l'image La description, lorsqu’elle est bien menée, a en effet un extraordinaire pouvoir de suggestion. Tout dépend des faits choisis par l’auteur, de la manière de les présenter, et du ton général de la description. Une bonne image suffit parfois amplement à camper un personnage. Prenons la première description de Marcel, par exemple : Marcel était un grand et gros gaillard blond aux joues roses, aux yeux bleus et globuleux. Et transformons là en : Marcel ressemblait à grand poupon rose, joufflu, avec un petit duvet doré sur le crâne. Ses gros yeux bleus, lumineux, lui donnait un air d’étonnement perpétuel. La naïveté, la pureté et la gentillesse de Marcel sont ici très simplement suggérés par l’image du poupon, du poussin duveteux, et l’air étonné. Le lecteur visualise aussitôt un géant inoffensif, enfantin et ahuri. <<< Comment créer un bon personnage de roman ? <<< Sommaire Lire la suite>>> |
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