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4 - Préparer et envoyer son manuscrit

Malheur aux autobiographies, récit familiaux ou témoignages personnels ! Ce n’est même pas la peine d'envoyer les livres du genre Ma vie, Histoire de ma familleMon cancerMon deuilMa mèreMa psychanalyse ou Mon safari au Kenya, ils n’ont aucune chance. Ils n’intéressent les éditeurs que si vous avez été, ou que vous êtes encore, un people, un homme politique, un bandit, un tueur célèbre, la victime d’un terrible fait divers qui a fait la Une des journaux télé pendant au moins deux jours, etc. Sinon, laissez tomber. Si vraiment vous estimez que votre petite existence est tout à fait extraordinaire, faites-là écrire par un professionnel qui saura la rendre attrayante pour le grand public, ou donnez-lui la forme d’un authentique roman, tel Les Cendres d’Angela, l'extraordinaire autobiographie, best-seller mondial, que Franck MacCourt a écrit à l'âge de soixante-dix ans. Abandonnez aux noms connus et aux écrivains confirmés les témoignages poignants et autres récits d’épreuves douloureuses (mort, maladie, exil, guerres…) : il n’y a rien de plus pénible à lire quand la personne vous est parfaitement étrangère et que c’est mal écrit. L’émotion, la douleur, le deuil réclament un immense talent, sans lequel ils ne sont qu’ennuyeux.

Si vous avez écrit un livre politique, philosophique, scientifique ou autre, et que vous n’êtes pas un professionnel reconnu dans le domaine abordé - universitaire, chercheur, expert, professeur, journaliste… - vous êtes bon pour l’auto-édition ou l’édition à compte d’auteur. Aucun éditeur sérieux ne vous acceptera : vous n’avez pas la légitimité nécessaire. Et que ce soit vraiment génial n’y changera rien. 

Allez faire un tour sur le site internet de l’éditeur. Vous y trouverez systématiquement une rubrique consacrée aux manuscrits, où il pose ses conditions : quels sont les genres acceptés et refusés, les formats, l’interlignage, voire même parfois la reliure qui sont exigés, les délais avant d'espérer une réponse, etc. Respectez-les à la lettre, où votre belle œuvre ira directement à la poubelle. 

Pas de vrai manuscrit, rédigés à la main !Tout le monde veut des tapuscrits, écrits à la machine. Donnez-le vôtre à taper si vous n'avez pas de traitement de texte. 

Relisez-vous une dernière fois, soigneusement, pour traquer fautes d’orthographe et de grammaire. Votre manuscrit doit être nickel, rédigé en bon français, inventif peut-être mais impeccable. Attention à la conjugaison et à la concordance des temps, pas de confusion entre le plus-que-parfait, le passé-simple et l’imparfait. Plus c’est fluide, plus c’est propre, et mieux vos lecteurs seront disposés envers vous. Pas de ratures, pas de mise en page fantaisiste, les éditeurs veulent du lisible et basta. Restez sobre et simple, choisissez un caractère passe-partout comme le New Times Roman, un corps 14 plutôt que 11 ou 12, trop petits ; préferez un double espacement à un espacement simple, n’oubliez pas de numéroter vos pages et n’enquillez pas les chapitres les uns derrière les autres : un nouveau chapitre démarre toujours sur une nouvelle page.

N'oubliez pas la petite lettre de présentation ! Elle accompagne obligatoirement tous les manuscrits, et doit porter toutes vos coordonnées, adresse postale, téléphone, email. Ce n’est pas un CV, inutile de donner votre âge et votre situation de famille. Cela peut vous pénaliser : les éditeurs préfèrent les auteurs jeunes, âgés de moins de quarante ans. Ne vous étalez pas sur votre livre, les raisons pour lesquelles vous l’avez écrit, ce que vous avez voulu dire, ça ne les intéresse pas. Ne vous trainez pas à leurs pieds en les suppliant de vous publier, évitez le larmoyant, le pitoyable, le pleurnicheur et rangez la pommade, ça ne marche pas. Ne vous usez pas à essayer de tourner des phrases, faites dans le bref et l’efficace, tout doit tenir sur une page. Limitez-vous à une présentation concise de votre œuvre, choisissez l’humour plutôt que le sentiment, et ne tentez l’émotion que si vous êtes particulièrement doué.

Adressez votre manuscrit au directeur littéraire (utilisez simplement le titre si vous n’avez pas de nom), au comité éditorial ou au service des manuscrits. De toute façon, il finira chez ces êtres mystérieux et anonymes qui constituent les comités de lecture.

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