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1 - Contacter un éditeur ou envoyer par la Poste ? 

Si vous avez écrit un roman

Si vous n'avez pas d'éditeurs dans vos relations, ou dans les relations de vos relations. 

Si vous n'appartenez pas aux catégories socio-professionnelles qui bénéficient d'une certaine indulgence de leur part, comme les journalistes ou les universitaires, par exemple.

Alors vous n'avez pas le choix : vous devrez leur envoyer votre manuscrit par la Poste. C'est pratiquement le seul recours dont disposent les premiers romans, et si le vôtre est bon, ça marchera. Beaucoup d'auteurs aujourd'hui reconnus et encensés par la presse et le public ont confié leur destin au facteur, et ils ont eu raison : Nina Bouraoui, Stéphane Audeguy, Anna Gavalda, Nicolas Rey...

Sachez aussi que le monde de l'édition, aussi hermétique, inaccessible et élitiste soit-il, est assez imperméable au piston. Si un livre qui a été chaudement recommandé à un éditeur est mauvais, et qu'il sait qu'il ne le vendra pas, il ne le publiera pas. Ce ne sont pas des philanthropes, mais des commerçants, ne l'oubliez pas ! 

Quelques cas particuliers où il est préférable de prendre contact au préalable avec un éditeur : 

- si vous envisagez d'écrire un ouvrage de type essai, pamphlet, livre de vulgarisation, enquête sociologique ou anthropologique, philosophie, beau livre illustré, etc. Vous avez alors tout intérêt à prendre contact avec un éditeur, avant même de vous lancer dans l’écriture.

- Si vous avez déjà publié. 

Certaines maisons donnent sur leur site internet les noms et les adresses électroniques des membres de leur équipe éditoriale - directeur littéraire, éditeurs, directeurs de collection. Contactez-les via leur email. Il y a des chances pour qu’ils vous répondent - Lattès et Flammarion, par exemple - et, si le manuscrit les intéresse, de vous le faire savoir. Certains accepteront même de le recevoir par mail, ce qui est plutôt pratique. Cela ne signifie pas toujours qu’ils vous liront en personne, mais au moins vous serez dans la place… 

N’essayez pas d’entrer en contact avec un éditeur si c’est un premier roman. Vous recevrez une réponse type, vous enjoignant assez sèchement d’envoyer le manuscrit au comité de lecture. 

2 - Chercher l'arnaque !

Chassez impitoyablement de votre sélection les éditeurs à compte d’auteur. Pour les repérer, c’est facile : ce sont les seuls qui font des appels à manuscrits dans des encarts publicitaires, sur internet où dans des journaux. « Vous désirez être publié ? Venez chez nous ! », « Nous cherchons des manuscrits, envoyez le vôtre ! ». Ces gens ne s’intéressent en réalité qu’à votre porte-monnaie. Ils vont bien sûr accepter votre manuscrit avec enthousiasme, vous parler ventes, salons et - allons-y, c’est gratuit ! - prix littéraire puis vous présenteront la facture : salée.... Votre livre sera certes imprimé, mais à vos frais. Si vous marchez dans la combine, vous en serez de plusieurs centaines d’euros de votre poche. Pour rien. Les éditeurs à compte d’auteur sont tout sauf de vrais éditeurs, et il y a de très fortes chances pour qu’ils se contentent de mettre vaguement votre précieux ouvrage en maquette et de l’expédier chez un imprimeur. Ils en placeront peut-être quelques exemplaires chez un libraire, mais il ne faudra surtout pas compter sur eux pour le vendre et le défendre. Une fois l’argent empoché, ils se lavent les mains de ce qui peut advenir de votre chef d’œuvre. Une belle arnaque qui, de surcroît, vous fermera hermétiquement les portes du monde littéraire. Vous n’aurez droit ni aux prix, ni aux bourses, ni aux aides réservés aux écrivains, et ne comptez pas être repéré par un critique ou invité à une émission radio. Quelles que soient leurs qualités, les livres publiés à compte d’auteur sont considérés comme des rebuts, des rogatons littéraires tellement nuls que personne n’en a voulu dans l’univers de la vraie édition. Faute de mieux, ils ont échoué dans l’escarcelle de gens aussi peu scrupuleux avec les auteurs que peu regardant sur la valeur littéraire de ce qu’ils publient. Et ça, ça ne pardonne pas lorsqu’on espère devenir un jour un vrai pro.

Le monde des livres est beaucoup plus tolérant envers les auteurs auto-édités, c’est-à dire ceux qui ont choisi d’imprimer et de distribuer eux-même leur œuvre. La démarche, volontariste, est considérée comme plutôt respectable et les livres auto-édités ne souffrent pas du même ostracisme que ceux pour lesquels il a fallu payer (pour se renseigner sur l'auto-édition, voir la page Guides et annuaires de l'édition française, et consulter le site de  l'Association des auteurs auto-édités).   

Ne comptez pas trop sur l’édition numérique. Les ventes de livres au format numérique sont loin, mais vraiment très loin d’être à la hauteur de leur virtuel réservoir de lecteurs - des millions et des millions d'internautes ! - et rares sont les livres proposés sur le net qui réussissent à dépasser quelques dizaines d’exemplaires vendus… La faute en revient essentiellement aux éditeurs qui, comme leurs homologues à compte d’auteur, mettent en ligne tout ce qui leur tombe sous la main, le bon comme l’exécrable. La qualité est rarement au rendez-vous, et les manuscrits vendus sur le web souffrent de la même mauvaise réputation que les livres à compte d’auteur : s’ils ont échoué là, c’est qu’ils étaient vraiment trop mauvais. Ici, à la Fabrique du Livre, nous sommes convaincus que l’édition sur internet est promise à un bel avenir, mais il faut encore attendre que des éditeurs dignes de ce nom s’emparent de ce formidable espace et des nouveaux outils de la technologie pour que la littérature, la vraie, la bonne, y trouve sa place.

Gare aux faux agents littéraires sur le net !  Les agents littéraires sont très rares en France, et les principaux ont pignon sur rue. Quelques "agents à compte d'auteur " sévissent sur internet : en échange de la somme rondelette de 900 euros, ils promettent de trouver un éditeur ! Attention, c'est encore une arnaque : un véritable agent ne demande jamais d'avance ou d'argent à un auteur . 

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